Changer de job pour changer de vie, c’est une idée qui vous taraude ? Est-il facile de se lancer ?  Comment se préparer au changement ? Guillaume Cairou, fondateur de Didaxis et auteur du livre «  Changez de job, Changez de vie » était l’invité de l’émission « Les P’tits Bonheurs » sur France Bleu, animé par Johann Guerin. Au programme de cette émission spéciale, la reconversion professionnelle.

Comment est perçu aujourd’hui le changement de carrière par les Français ?

« La reconversion professionnelle est presque devenue la norme, dans une société où près de 8 français sur 10 ne se sentent pas bien là où ils sont. L’envie d’ailleurs est aussi poussée par les millenials pour qui, passer 2 ans au sein d’une même entreprise est le maximum qu’ils veulent bien lui accorder. Nous sommes dans cette dynamique du changement et on remarque qu’avec la crise sanitaire, cette envie s’accélère aussi pour d’autres générations. »

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Quelles sont les questions à se poser avant d’entamer une reconversion professionnelle ?

« Tout dépend de là où l’on se situe dans la mécanique de reconversion. Pour certains ça va être une précision dans le choix du nouveau métier à exercer, pour d’autres c’est un début de réflexion à enclencher. Ce qui est important de bien comprendre, c’est que le job idéal, se trouve à l’intersection entre ce qu’on aime faire, ce qu’on sait faire et ce qui est utile au monde d’aujourd’hui. Il y a plusieurs points qui sont importants dans cette démarche que j’ai décomposé dans mon dernier ouvrage en 12 étapes. »

« Mais faire une reconversion n’est pas quelque chose d’évident. Il y a de nombreux freins : ce n’est pas le bon moment, on a peur de ne pas retrouver aussi bien que ce que l’on a maintenant, il y a des inquiétudes financières… On a beau vouloir changer, il y a aussi pleins de paramètres à prendre en considération avant de démarrer ces changements. L’un des leviers de la réussite de votre reconversion, c’est d’être accompagné et d’avancer par stratégie de petits pas. »

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Un bilan financier est-il nécessaire en amont ?

« La question de l’argent n’est pas une finalité. Si l’on regarde certains grands entrepreneurs qui ont réussi, l’argent n’était pas très important. Néanmoins, faire le point sur son budget, et ce dont on a besoin avant de débuter une reconversion professionnelle peut permettre d’envisager d’autres projets. Ces projets peuvent s’ouvrir à tout notre territoire et pas seulement aux grandes villes. On ne peut pas concentrer l’activité économique de tout notre pays uniquement dans les  villes comme Paris. Gagner beaucoup parce qu’on habite dans une grande ville, c’est aussi faire face à un coût de la vie plus conséquent. Personnellement, j’ai décidé de partir en Europe et aujourd’hui, j’habite dans les pays baltes, ce qui m’a permis de diviser par quatre mon train de vie. »

Le témoignage d’Hervé, qui a décidé de devenir indépendant à l’âge de 54 ans pour vivre de sa passion

« Je cherchais à m’accomplir intellectuellement et à créer ma propre richesse. Le statut d’indépendant répondait alors à mes besoins. J’ai eu la chance de quitter le salariat pour devenir agent immobilier, un métier que j’adore. Mon seul  regret, c’est de ne pas avoir fait ma reconversion plus tôt et d’avoir attendu. Je pense que cette période de confinement va inciter davantage de français à passer le pas de l’indépendance. On se met beaucoup de barrières par rapport à toutes ces problématiques de création d’entreprise alors que la France est un pays où il est finalement assez simple de créer son propre emploi. »

Les réactions de Guillaume Cairou

« C’est effectivement dommage d’attendre de ne plus s’identifier à un modèle pour passer  à l’acte. Différents statuts permettent d’exercer une activité indépendante, qu’elle soit totale ou complémentaire. Ces statuts favorisent l’épanouissement professionnel. »

« Être indépendant ne signifie pas devoir supporter les risques seuls. La collaboration est dans l’air du temps. Nous avons tous pu le remarquer avec le confinement, où le télétravail et la collaboration à distance ce sont accélérées. Nous avions presque 80% de la population active qui travaillait à distance. »

Sommes-nous face à une recomposition du marché du travail avec des générations qui sortent des schémas classiques ?

« Les millenials et la génération Z ont complétement changé la vision de l’entreprise traditionnelle, poussés par des startups qui disruptent notre organisation au quotidien ainsi que nos usages. Nous avons tout un secteur d’activité à réinventer et à développer autour de nouveaux métiers. »

Le témoignage de Stéphane, entrepreneur depuis 32 ans

« Quand on est entrepreneur, il ne faut pas se laisser envahir par les doutes. Tout est possible. Nous sommes dans un système avec des codes et des lignes de conduite à tenir, mais c’est une aventure à tenter. La vie est courte, il ne faut surtout pas hésiter. On peut réussir dans pleins de domaines sans avoir les compétences pour. Ce qu’il faut, c’est s’adapter et sortir des sentiers classiques pour pouvoir monter sereinement son projet. »

Les réactions de Guillaume Cairou

« La France aime ceux qui réussissent. L’indépendance professionnelle permet à certains nombre de français de prendre l’ascenseur social. »

Le témoignage de Marie-Jo, coiffeuse de formation, elle travaille désormais en maintenance

« J’ai travaillé en tant que coiffeuse pendant 20 ans. Au décès de mon patron, j’ai eu un déclic et j’ai décidé de changer de voie professionnelle. Je suis partie dans le monde de l’industrie où j’ai été embauché par une société qui m’a fait confiance et qui m’a laissé la chance de pouvoir évoluer. En quelques années je suis passée conductrice, régleur et on m’a ensuite proposé de passer un bac professionnel en maintenance. J’ai donc passé mon baccalauréat à 40 ans. Je suis désormais complétement épanouie dans ce que je fais. »

Les réactions de Guillaume Cairou

« C’est formidable de voir des entreprises qui font confiance et qui donnent les clés pour réussir. Moi-même, au sein de Didaxis, j’embauche des profils atypiques. J’ai par exemple récemment recruté au commercial, un ancien carrossier et c’est un excellent business manager. On peut casser ces codes et passer d’un monde à l’autre. Et je pense aujourd’hui que les entreprises sont les premiers acteurs sociaux de cette transformation. »

Que propose le Gouvernement pour aider dans cette transition ?

Le Gouvernement a mis en place un certains nombre de mesures pour accompagner ces changements professionnels, notamment à travers le compte professionnel de formation (CPF). Grâce à ce compte, chacun à la possibilité de financer jusqu’à 8 000€ de formation. On a aussi « Transitions pro », l’ancien Fongecif, qui permet de financer des reconversions complètes. »

Quelles sont les pistes à prendre si l’on veut se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle ?

« Premièrement, il faut viser grand et après on ajuste, on procède pas à pas avec des mesures de précision pour atteindre son objectif. Ensuite, il faut se faire plaisir dans ce que l’on veut faire. C’est la passion qui nous guide vers la réussite. Il faut aussi savoir bien s’entourer et profiter des opportunités qui s’ouvrent à nous. Enfin, il faut se former en permanence, apprendre comme si c’était le premier jour et vivre comme si c’était le dernier jour. »

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